LE « HEY MADMOISELLE », FLEURON DE L’AMOUR COURTOIS CONTEMPORAIN

« Hey Madmoiselle, t’es charmante ! Ça te dirais une glace à la menthe ? »

Quelle femme n’a pas été instantanément charmée par une déclaration de ce genre, à la fois fougueuse et subtile ? Et encore d’avantage si le Don Juan en question accompagne son « accroche » d’une démarche de ouistiti sodomisé, ce qui aura pour effet d’amplifier l’effet aphrodisiaque de sa diatribe.

En vérité très peu de femmes ont résisté à une telle débauche de sentiments poisseux, mes bons lecteurs, c’est la raison pour laquelle nous allons étudier aujourd’hui la façon dont nos chers amis de banlieue s’y sont pris pour faire fondre chaque femme sur leur passage après avoir ouvert la bouche.
Comment ces simples phrases, incroyablement travaillées par de longues heures de réflexions aboutissant en un travail d’artisanat verbal, peuvent avoir un tel effet sur la gente féminine ? A ce propos, je vous renvoie à l’article « comment séduire » qui vous permettra de pécho la donzelle de votre choix sans pression aucune en moins de trois heures.

Ainsi, un travail épistémologique s’impose afin d’accorder crédit à une thèse devenue de plus en plus plausible : le « Hey mademoiselle » est le digne héritier de l’amour courtois d’antan.

Revoyez ces images d’Épinal issues des tréfonds de votre enfance : le prince à mandoline jouant à cœur ouvert en bas d’un rempart, déversant ses plus belles compostions à sa chère et tendre, prisonnière d’une froide chambre de pierre.
Et si je vous disais que toute cette magie n’a pas disparu à la fin du moyen-âge ?
En effet, ces formes archaïques ont mutées avec les années et perdurent sous une forme plus « street » que sa version originale. Les culottes de soie ont laissé place aux joggings slim, les mandolines se sont muées en Iphone 6S crachant du doux Kaaris dans les rues bordées de HLM plus vétustes que les donjons de l’époque.

Esthètes, poètes et autres amoureux de littérature romanesque, apprêtez-vous à pénétrer dans l’antre de la volupté : la banlieue.

Fig 1 : L'arme fatale du séducteur chevronné
Fig 1 : L’arme fatale du séducteur chevronné

I/ Historique des zones péri-urbaine et approche géographique du « hey madmoiselle » :

Apparu dans les cités françaises à l’aube des années 90, ce charmant harcèlement de rue a maturé et été mis au point dans la zone la plus redoutable de la planète.
En effet, un architecte – tombé par mégarde dans les égouts parisiens – a décidé de s’inspirer de cet univers moisi, putride, étroit, pollué et isolé du reste de monde pour concevoir son nouveau projet d’urbanisme : la banlieue était née.
Rapidement peuplée par des travailleurs ayant évolués en thugs sanguinaires plus vite que la propagation du paludisme en Malaisie (aussi connu aux USA sous le nom de « from human to racaille »), ce paradis terrestre est resté néanmoins peu attractif pour un public féminin. Ces incompréhensibles garces ont préféré se terrer dans la morosité des centres villes plutôt que d’aller explorer de joyeuses bar HLM délabrées. Ainsi, lorsque les premiers banlieusards (les « pères fondateurs ») s’aperçurent que les femmes préféraient davantage la présence de boutiques de chaussures que la leur, ils développèrent des types de séduction basée sur la technique du sniper (c’est-à-dire que la femme approchée doit tomber instantanément amoureuse du séducteur dès la première phrase d’approche).

II/ Techniques mise en œuvre, approche pratique :

« L’amour n’est qu’une étape, un arrêt momentané sur la route de la vie » disait Octave Uzanne dans « Le bric à brac de l’amour ».

Vous l’aurez compris, arrêter une personne pressée est un composant essentiel d’un harcèlement bien préparé. Car il s’agit bien de provoquer cet « arrêt momentané » comme disait ce cher Oscar.
Pour exécuter une telle prouesse, le prétendant doit effectuer un long travail en amont. Les meilleurs le reconnaissent : 90% du travail se trouve dans une bonne préparation physique et mentale.

PuüurBogossdu93, qui a souhaité répondre à mes questions ; insiste particulièrement sur l’endroit où se trouver :

Cynic Propaganda : « Que peux-tu nous dire sur les lieux stratégiques qui optimisent l’impact de l’accroche ? »

PuüurBogossdu93 : « Faut repérer où y a dl’a keh fraîche [une femme ravissante]. Après, frère, tu te cale avec tes zincs [ce divertissement peut se faire entre amis]. Genre porche ou banc, tu vois ce que j’veux dire ou pas ? [inquiétude que je ne saisisse pas la complexité de son propos]

C.P : Je vois ce que tu veux dire. Utilises-tu des amorces pré-harcèlement ou préfères-tu la technique de la « charge du samouraï en colère » ?

PuüurBogossdu93 : « Bah, en fait, moi chu plutôt en mode posayy [absence de stress dans l’action]. P’tit sourire, p’tit sifflement, au calme. Si la go fait trop sa meuf [manifeste peu d’intérêt], bah j’la suis mais en mode tranquille et là j’commence à lui dire des trucs, wallah [demande subreptice à Dieu de filer un coup de pouce]… »

C.P : « Quels genre de trucs ? »

PuüurBogossdu93 : « Bah… genre tu vois… des punchlines de lover… genre Hey mademoiselle, tu ferais pas de la boxe ? Parce que tu viens de mettre KO mon cœur ! »

Tel un fusil de précision entre les mains de Chris Kyle, le cœur de la go en question vient de voler en éclat. Grâce à cette accroche PuüurBogossdu93 est rentré au bras d’une adorable donzelle au teint aussi orange qu’un coucher de soleil et avec qui il savourera un maxi best of le soir même (l’ambiance d’un restau chic est propice pour se remettre de ses émotions).

Fig 2 : PuüurBogossdu93 roulant une pelle à une sneakers. "On ne peut pas lésiner sur l'entrainement" assure-t-il.
Fig 2 : PuüurBogossdu93 roulant une pelle à une sneakers. « On ne peut pas lésiner sur l’entrainement » assure-t-il.

III/ Analyse comparative des accroches et étude de leur pertinence :

Nous venons d’analyser l’importance des circonstances préparatoires. Maintenant, décomposons ces petits bijoux de francophonie.
Chacune d’entre elles partagent un « tronc commun », définit par les linguistes comme la racine inaliénable d’une bonne accroche. Il s’agit du « hey madmoiselle ». Destiné de prime abord à attirer l’attention, il peut être richement décoré par des adjectifs venant qualifier le prétendant comme étant un poète assumé ; exemple : « hey ma p’tite madmoiselle » ou « hey qu’elle est mignonne la demoiselle ».
Cette phrase est suivi de l’obligatoire « t’es charmante ». La clé du succès est en bonne partie contenue dans cette suite quasi-insignifiante. Technique du miroir : la femme se retrouve face à sa propre beauté et à son pouvoir d’attraction. Se pensant moche et repoussante, elle découvre soudainement que son unique raison de vivre (son physique) est apprécié par un bel étalon italien, tout de Adidas vêtu.
La suite vient « achever la victime engourdie » pour la finir avec panache.

Exemples éloquents :

« Hey madmoiselle, t’es charmante, ça te dirai une glace à la menthe » = mon pouvoir d’achat quasi illimité me permet de t’offrir de manière désintéressée une denrée alimentaire qui te permettra de survivre (et comme une glace est portative, je pourrai t’emmener jusqu’à mon clic-clac dans la foulée).

« Hey Madmoiselle ! Te fais pas de bile ma belle, ton boule c’est d’la balle. » = Tout en alexandrins, il s’agit d’une ode au postérieur de la fille qui se retrouvera remplie d’allégresse en sachant qu’une simple sortie à Carrefour peut lui rapporter des strophes sur ses fesses.

« Hey Madmoiselle ! Ton père il vend pas des biscottes ? Parce que t’es craquante » = Très classique, dans la plus pure tradition, le prétendant fait intervenir le père de la fille comme étant à l’origine d’une qualité sous-jacente. Marche avec la plupart des métiers (jardinier, plombier, cosmonaute…).

« Hey madmoiselle ! T’as de belles jambes, elles ouvrent à quelle heure ? » = Reprenant avec habileté l’unique passion des femmes (les boutiques), le Don Juan propose à sa cible de se mettre à la place d’un shop quelconque où il est convenu d’entrer pour faire chauffer la carte bleue. Sauf que lui voudra payer en liquide.

« Hey la miss t’as un 06 que je puisse te la glisser entre les cuisses ? » = Tout en finesse et honnêteté, ce Verlaine propose de différer le temps de la saillie en laissant entrevoir à la demoiselle transie d’amour un bref temps de flirt par SMS. Le numéro acquis, il pourra aisément la revoir.

La constatation que je fais à l’aune de ces exemples est sans appel : rimes, images fantasmatiques et promesses folles se dégagent de ses vers raffinés. C’est dans cet habile mélange de respect, d’humour léger et de désir ardent qu’éclosent les fleurs de la passion.
Les pick-up artists maîtrisant cet art complexe sont donc bel et bien les dignes héritiers des princes et troubadours soupesant chaque mot, chaque terme, comme le serrurier consciencieux œuvrant à fabriquer la clé du cœur de l’être aimé.
Et si l’ouverture résiste il « y aura toujours de la pute sur ton chemin » comme disait Rohff.

LES TORTUES NINJA : LA RÉHABILITATION ASSUMÉE DU FASCISME ITALIEN

Je revenais chez moi hier soir, éreinté par une longue et difficile journée de travail, lorsque mes yeux fatigués se posèrent sur la large façade du cinéma du coin.
Ce fut un coup de poignard dans le ventre, pire, j’eus l’impression d’avoir été vaporisé à l’instar d’un japonais un beau matin d’août 1945.
Car devant moi, caracolant fièrement sur les murs de ce temple culturel du monde libre, l’ignominie suprême : Ninja Turtle 2.
Pour les sots et les ignorants, je vous dédie cet article. Pourtant, votre cécité forcée ne mériterait pas ma magnanimité. Car il semble évident que notre démocratie, si fragile, si parfaite, est déjà rongée par la vermine brune jusque dans les salles obscures et que vous ne vous en étiez même pas rendu compte, probablement trop occupé à courir derrière le cul d’une Lippoutou aussi virtuel qu’inutile.

Mais revenons sur la genèse de ce qu’ont été les Tortues Ninja, œuvre majeur du néo-fascisme.
Car il ne s’agit pas simplement d’un divertissement pour ados. Non, mes chers amis, il s’agit purement et simplement d’un film de propagande sorti du cerveau nauséabond des nostalgiques des heures les plus sombres. Une série dont le seul objectif est de foutre en l’air le cerveau de vos gosses. Oui, je le devine, vous avez encore du mal à me croire tellement tout cela semble irréaliste.

Et pourtant… tel est mon terrible postulat : les Tortues Ninjas ne sont qu’une œuvre de propagande destinée à réhabiliter le fascisme italien.

Le mot est lâché. Inspirez à fond, prenez votre temps, je vous propose de découvrir aujourd’hui l’une des vérités les mieux dissimulée de notre siècle. Vous êtes prêt ?
« Il y a dans tout fascisme une morale et une esthétique, mais cette morale et cette esthétique sont conquérantes, et par là, tout fascisme est une religion ».
Cette citation de Maurice Bardèche témoigne qu’il avait déjà, en 1961, tenté de nous avertir quant à ce péril vert. L’esthétique particulière et fière, cette morale conquérante qui émanaient de cette terrible idéologie… force est de constater que 50 ans plus tard, ces mots ont un sinistre écho.
En 1987, la première offensive commence. Inspiré par un comics américain, la série animée sort en France en 1987 – alors que l’Italie est encore plongée dans la violence politique des années de plomb. Afin d’opposer un substrat culturel à leurs ennemis communistes, les tenants du néo-fascisme italien élaborent une arme culturelle redoutable destinée à conditionner la jeunesse européenne à leur sinistre idéal : les Tortues Ninja sont nées.

Analysons ensemble le générique de la série :

Tortues Ninjas, Tortues Ninjas
Tortues Ninjas, Tortues Ninjas
Tortues Ninjas, Tortues Ninjas
KOWABUNGA le cri des ninjas

Mots martelés avec un rythme militaire musique agressive, les esprits innocents se retrouvent emportés dans une vague soudaine de sons sataniques électrisés. La rigueur du refrain laisse clairement sous-entendre la volonté d’ordre et de puissance desdites tortues.
Les images du génériques parlent d’elles-mêmes : plan sur une lune gibbeuse dans un ciel nuageux (=temps troublés, symbole d’une démocratie pesante) puis plongeon vers une bouche d’égout où une lueur vive métamorphose trois tortues en monstres mutants prêts au combat.

Décomposons le message :
TORTUE : La tortue est une référence à la formation défensive de l’armée romaine adoptée au combat (face aux peuples résistants face à l’expansion de leur empire). L’Italie et les envies impérialistes du fascisme sont ainsi exprimées en un unique mot.
NINJA : Référence au Japon impérial, l’un des trois pays de l’Axe durant la seconde guerre mondiale. Le genre de clin d’œil dégueulasse que cette extrême-droite décomplexée aime envoyer à ses alliés. De plus, je note que la caste des ninjas regroupait, (de la période Kamakura à la période Edo), les espions et des assassins – généralement vêtus de noir, tout comme les fameuses « chemises noires » qui œuvraient à toutes les basses besognes du régime.
Le refrain se termine avec ce mot mystérieux « Kowabunga » ; censé être un cri de guerre (contre qui ?) employé par ces tueurs. Sachez que les troupes fascistes des années 20, les squadristi, avaient également un cri de guerre, le fameux « Eìa Eia Alala ». Étrange coïncidence…
Et ce n’est que le début, un prélude à la spirale d’horreur que nous promet ce générique.

Quatre tortues d’enfer dans la ville
Chevaliers d’écailles et de vinyle
Ce sont des guerriers fantastiques
Ils sortent les nunchakus, c’est la panique

« Quatre tortues d’enfer, dans la ville » : plus aucun doute sur leur origine diabolique, ces chemises brunes à carapace assument dans le plus grand calme sortir de l’Enfer pour se rendre au cœur des villes, groupés, telle une milice populiste faisant régner la terreur. Sortant du fourgon d’April comme des fusées, nous retrouvons ici l’obsession de la vitesse et de la mécanique guerrière chère aux futuristes (comme Marinetti) qui ont contribué à l’élaboration du fascisme.

« Chevaliers d’écaille et de vinyle » : Ces chantres de la haine vont juste à revendiquer leur hérédité féodale, en s’autoproclamant « chevalier » : donc les représentants d’un système social inégalitaire dont ils seraient les protecteurs. Ici, la citation de Bardèche fait pleinement sens ; cette « Élite » conquérante (d’écaille et de vinyle) est prête à en découdre avec ses opposants communistes. Rappelons que le fascisme Italien a volontairement épargné la bourgeoisie, allant même jusqu’à conclure une alliance durant la prise de pouvoir de Mussolini. Ces Tortues mutantes ne veulent pas se battre pour plus d’égalité mais pour le plaisir de péter des gueules.
Si l’on observe en détail le déroulement du générique, on assiste à des plans fous, suivant le groupe de fasciste dans la ville. Crâne rasé et patronyme italien (Raphaëlo, Donatello, Michelangelo et Leonardo), la fougue guerrière de ces mutants compte bien sidérer l’esprit des jeunes influençables.

Reprenons la suite : « Ce sont des guerriers fantastiques, ils sortent les nunchakus, c’est la panique » : Culte de la guerre, de la mort et de l’héroïsme, le propos de cet infâme générique se dévoile lentement, exhortant les jeunes générations à rejoindre leurs groupuscules paramilitaires par groupe de quatre pour foutre « la panique » parmi les honnêtes citoyens de gauche.

Tortues Ninjas, Tortues Ninjas
Tortues Ninjas, Tortues Ninjas

On en remet une couche, terminant à coup de bottes cirées les dernières barrières mentales des gosses. Abrutis par la répétition des mots, conditionnés comme des chiens de Pavlov à répéter indéfiniment les mêmes mots. Ainsi, à l’avenir, il leur sera plus aisé de clamer des salut au futur Duce.

Pour venger Splinter, ils sortent les katanas
Ils sont les meilleurs et font la loi
Mais quand il s’agit d’s’amuser
Finie la terreur, on est là pour rigoler
(Refrain, 2x)

Ce second couplet précise l’intention de ces fachos à écaille : la vengeance. Mais venger qui ? Un rat géant (Splinter) si l’on en croit les paroles. Et pourtant, la vérité est bien plus terrible que la fiction. Pendu par la foule en 1945 et métaphoriquement « changé en rat » en passant d’idole à ordure ; il s’agit bien de Benito Mussolini lui-même qu’il s’agit de venger. En effet, maître Splinter est le chef du groupe de tortues, comme Mussolini dirigeait le mouvement fasciste dans les années 20. Les égouts dans lesquels vivent les tortues ne sont qu’une métaphore du débat public où l’extrême droite est considérée comme « nauséabonde ».

Capture d'écran : Cette image subliminale nous montre le Duce grimé en rat mutant. Preuve incontestable de ce complot contre le monde libre.
Capture d’écran : Cette image subliminale nous montre le Duce grimé en rat mutant. Preuve incontestable de ce complot contre le monde libre.

Souvenez-vous, la nourriture préférée des Tortues Ninjas est la pizza : plat typiquement italien qui vient symboliser l’amour malsain qu’ont les fascistes pour leur propre culture au détriment de celle des autres : jamais les Tortues Ninjas ne sont vus à l’écran en train de manger des plats d’une cuisine étrangère. Vous ne les verrez jamais savourer des loukoums ou des nems… Cette xénophobie rampante est d’ailleurs visible dans le générique à 0:40, où Raphaëlo jette littéralement une pizza à la gueule du spectateur (traduction : « on vous encule à sec, vous allez bouffer notre impérialisme de gré ou de force »).

« Ils sont les meilleurs et font la loi » : Sans aucun scrupule, ce commando armé et habité par le nationalisme le plus absolu impose un ordre arbitraire fondé sur le droit du fort à disposer du faible. Encore une fois, et inutile de le nier, des images de SS en plein Paris nous viennent en tête. La prise de pouvoir est leur but suprême : organiser une seconde marche sur Rome (puis sur toute les capitales du monde) afin qu’ils puissent « faire la loi » à leur guise.

« Mais quand il s’agit d’s’amuser, finie la terreur, on est là pour rigoler ». Avec qui rigolent-ils ? Réponse : Avec April.
Cette sinistre journaliste dissidente entretient des liens entre le monde de l’extrême-droite (les égouts) et le monde respectable des humains (l’arc républicain). Il s’agit sans aucun doute de la figure du publiciste fourbe, qui va tenter de couvrir les crimes des chemises brunes. Il s’agit très probablement d’une référence appuyée à Éric Zemmour ou à l’ensemble des médias alternatifs d’internet. Le message est clair : le monde journalistique n’est pas de notre côté, mais certains individus le sont. L’image insupportable d’April en train de servir les pizzas directement dans l’antre de Splinter est limpide : Certains journalistes iront « nourrir » l’extrême droite en cachette en leur offrant une tribune à la télé ou en leur donnant la possibilité de s’exprimer librement.

Passons en revue leur deux ennemis principaux :

Krang : Une sorte de cerveau dans un androïde. Le cerveau, symbole de la conscience éclairée et de l’intelligence est l’ennemi suprême d’un fascisme en écaille et vinyle obscurantiste.

Shredder : Ce type masqué, costumé et baraqué peut représenter la communauté gay – ainsi, les tortues lui foutront régulièrement une raclée monumentale au fil des épisodes, étalant sans vergogne leur homophobie patenté.

Ainsi, j’espère vous avoir mis en garde devant ce gigantesque complot, d’une ampleur sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Soyez conscient que je risque ma vie en écrivant ces lignes.

LA DÉ-RADICALISATION POUR LES NULS

Sachez que j’avais déjà publié un article au sujet de nos amis à poils longs en 2013, alors qu’une vidéo tournée en Syrie m’avait filé des crampes à l’estomac tellement je m’étais marré.
Un jeune « français » enturbanné, aux dents si longues qu’il aurait pu se gratter le bide avec, enjoignait notre bon Flamby d’aller le rejoindre pour faire sa « hijra » ; comme si notre flan national allait sérieusement prendre son paquetage et s’enrôler parmi eux.

Franchement ?
Franchement ?

J’écris avant tout à destination du jeune occidental, aussi terrorisé qu’hébété, parmi les ruines de sa civilisation. Fragile, athée, déraciné, moderne, ouvert d’esprit et avide de vivre ensemble et autres idéologies partouzesques, il n’arrive plus à concevoir que le réel est sensiblement différent de celui de Winnie l’ourson.
Alors parfois, le « concret » ; ce triste sire que l’on pensait disparu à jamais  de notre quotidien sucré, s’immisce dans nos vies d’automates,  dérègle notre horlogerie bien huilée avec la brutalité d’une baffe de Poutine sur un journaliste turc.

« Comment, en 2015, des barbares ont pu assassiner 130 personnes ? »

Hé bien, mon cher, cela s’appelle la chute. Athènes, Rome, Byzance, l’Ancien régime pourront t’en toucher deux mots – ils l’ont déjà vécu. D’ailleurs, lorsque les turcs (décidément…) assiégèrent Constantinople en 1453, les sages de la ville s’interrogeaient au sujet du sexe des anges… style :
« Hummm, voyons voir, les rallongement pénien sont-ils possible au Paradis ? Les anges femmes se servaient-elles de tampon ou de serviettes ?
– Messieurs, les turcs sont à la porte du temple. Ils ont brûlé toute la ville et veulent « nous chier dans le cou »… que fait-on ?
– On s’en balec’, frère… Tampons ou serviettes, du coup ? »

Vous l’aurez compris, on se repasse un remake du film.

Et c’est dans ce contexte fort déprimant qu’apparaissent les candidats au jihad, ces réfractaires du mode de vie « transport-boulot-chouille » et lui préférant le « Syrie-décapitation-explosion ».

Si vous ne savez pas ce qu’es un djihadiste – ou si vous voulez en acquérir un – c’est par ici que ça se passe.

Bon, force est de constater que de plus en plus de jeunes n’ont plus envie de rien et sont poussé par une pulsion de mort encore plus forte qu’un samouraï avant son seppuku.
La plupart du temps issu du paradis de la loose (la banlieue), le djihadiste a coulé de paisibles jours dans la peau d’une racaille en quête de sens (plutôt de babtous pour écouler son shit).

Prenons l’exemple d’Abdel, publicité ambulante de Nike de son état. Notre chantre de la galère évolue entre sa musique frustrante (Booba ou Rhoff expliquent très calmement qu’ils sont en train de pisser dans leur piscine de champagne à Miami tandis qu’Abdel doit trouver une solution pour empêcher les cafards de lui grimper sur le visage la nuit) et les hall d’immeubles dégueulasses où il a élu domicile avec ses pairs pour ne rien branler de la journée. L’année d’Abdel étant une sorte de trou noir ou le temps n’existe plus (hormis les matchs du PSG et l’arrivée des Saintes-allocs’ – jour de fête mensuel).

Vous l’aurez compris, tout allait bien dans le meilleurs des mondes.
Puis Abdel a fini par se retrouver dans cette situation :

« Heyyy, ma p’tite madmoizelle, la vérité, j’te trouve vraiment charmante, ça te dirais une glace à la menthe ?
– Non mais dégage t’es trop moche mec…
– Aïïïïï ! Salope j’te baise wallah ! »

C’en est trop. Suite à l’altercation traumatisante, Abdel va jeter son rasoir, enfiler une robe blanche et tenter d’étudier le Coran dans le but évident d’aller offrir sa glace à la menthe à Allah.

A ce moment-là, Abdel va se retrouver face à un choix :
–> Soit il continue de vivre entre son HLM dégueulasse et la prison, avec supplément zonage le week end et kebab chez Ali le midi – salade-tomate-oignon-sauce blanche, couz.

Schéma 1 : Etat major du califat avant la signature de leur contrat avec Dieu
Schéma 1 : Etat major du califat avant la signature de leur contrat avec Dieu

-> Soit il devient un moudjahidine : une sorte d’Iron Man musulman, de captain arabica, chevauchant les plaines du monde entier sur son pur-sang. Infatigable globe-trotter, le moudjahidine amène la charia là où elle avait zappé de s’installer (parfois, des gens partent aux champignons au lieu de prier, ce qui est inacceptable. Comme ces types qui font mine de ne pas être au courant de l’email que vous leur avez envoyé alors qu’ils l’on très bien reçu). Parfois, certains mecs portent à Allah à peu près autant d’intérêt qu’un jivaro à Snapchat. Ceux-là, ce sont les infidèles (ils ont cocufié Allah) – les moudjahidines doivent donc récupérer leur têtes et les attacher à leurs pick-up – tel de sanguinaires Valéries Damidot prêt à tout pour rendre hallal la déco du pays.
Si le job est bien rempli – surtout qu’il n’est pas nécessaire de trop se creuser la tête – accès direct et illimité au paradis. Évidemment, si Dieu avait exigé un master en économie, Abdel n’aurait peut-être pas considéré le jihad comme une solution viable à ses problèmes de sexualité.
Mais comme ce n’est pas le cas, autant quitter la cité des Bois jolis de Bobigny pour s’envoler auprès de Dieu et prendre des selfies avec le Prophète.
Le point le plus important du contrat est le suivant : 72 vierges dispo là-haut. On suppose qu’elles ne doivent pas être trop moches, ni trop couvertes. Scrabble, strip-poker, acrogym, toute forme d’activité peut y être envisagée. Fini la galère et les tentatives d’approches mentholées… les 72 madoizelles sont louées pour toujours et prêtes pour de folles soirées de baise endiablées sans qu’Abdel n’aie besoin de sortir la moindre phrase d’accroche – sans même devoir leur racketter leur 06.

Schéma 2 : Moudjahidine en plein défilé - notez le look bien fitté digne des reines du shopping, thème "prince du moyen orient"
Schéma 2 : Moudjahidines en plein défilé pour la journée de la jupe – notez le look bien fitté digne des reines du shopping, thème « prince du moyen orient »

Bah je ne sais pas, mais sitôt que l’on procède à une comparaison, le choix est vite fait.

Notre Abdel est donc devenu en moins de trois mois un soldat de Dieu, passant de la liste d’attente du pôle emploi à celle du Paradis. Si rien n’est fait, il finira ses jours sous forme de bouillasse explosée dans un restau chic ou un festival de metal, mettant fin du coup à son contrat de moudjahidine.
Pour les autres : pleurs, cris, traumatisme, séances de psy, hôpital, morgue, fleurs, padamalgam… laissons la vie de merde aux autres puisqu’eux ont préféré suivre les conseils de code de meufs plutôt que ceux de Mahomet.
Alors je vais m’adresser à vous, honnêtes infidèles. D’une part, soyez conscient que vous trompez Allah (si, si).
Si vous vous en battez les steaks et que vous fréquentez des fidèles, vous allez devoir agir vite. Très vite même, des vies humaines sont en jeu.

Pour dé-radicaliser un jeune, suivez bien ces 4 étapes :

1/ Obtenir sa confiance :

Très important. N’arrivez pas vers lui en brandissant des Justin Bridou en signe de croix. Discutez avec lui, intéressez-vous à son délire. Si vous êtes un homme, venez à lui avec un bonnet de bain, une barbe et des chaussettes par-dessus le pantalon. Si vous êtes une femme, amadouez-le avec un drap-housse sur la tronche afin de ne pas l’aguicher. Lors de la conversation, repérez ses mots clés. S’il dit plusieurs fois « tu vois ce que je veux dire ou pas ? », « miséricordieux » ou qu’il sort des placements de produit pour son boss (des « l’Eternel », Allah, bismillah, hamdullilah, Ruedeslilas, « comme le disait Mohammed »…), c’est qu’il s’agit probablement d’un fidèle à emmener sur la voix de l’adultère divine.
Ne le laissez pas faire sa pub au calme, demandez-lui son Coran pour « vérifier quelque chose ».
Dès qu’il vous le tend, vous avez plusieurs options :

-> Méthode Usain Bolt : Barrez-vous ! Courez pour votre vie et débarrassez-vous du bouquin dans le premier kiosque à journaux (planquez-le derrière des magazines de cul pour plus de sûreté). Sans son manuel de survie, le djihadiste potentiel se retrouvera comme un geek sans wifi : une mort lente et douloureuse.

-> Méthode The Falsificator : Isolez-vous avec le bouquin et couvrez-le d’annotations personnelles qui troubleront le djihadiste. Par exemple, écrivez :
– « Note de Dieu : Lorsque vous vous préparez à purger le monde des infidèles, testez votre gilet explosif pour voir s’il fonctionne bien avant de passer à l’attaque ».
– « Note de Dieu : Lorsque vous voyez des infidèles en pleine débauche, twerkez devant eux, ça infusera la peur dans leur cœurs ».
– « Note de Dieu, pour aller au paradis, je me suis rappelé du pilier de l’Islam le plus important : après le pèlerinage à la Mecque, il est OBLIGATOIRE d’aller pèleriner dans les abysses du Pacifique pendant trois ans »…
Surtout, lâchez-vous, il faut que l’apprenti-intégriste soit bien calmé. Après quoi, vous pouvez lui rendre son bouquin en toute sérénité : le voilà neutralisé.

2/ L’ouvrir à d’autre culture

Quand je dis ouvrir, ce n’est pas à prendre au sens pédé du terme mais ou sens propre (comme lorsque vous ouvrez une huitre en éclatant sa carapace le soir de noël).
Une fois la confiance obtenue, prétextez un nouveau trailer de décapitation par Daesh pour l’attirer chez vous.
Le piège se referme.
Barricadez-vous et lâchez les chiens !
Death Metal à fond, playlist de Redtube ou Youporn en diffusion continue, étoiles de David et croix catholiques dessinées sur les murs : la foi de votre ami doit fondre comme un mac Flury au soleil.
Lorsqu’il en vient à douter, c’est le moment de porter l’estocade, le coup fatal :
Installez-le confortablement et passez-lui des vidéos sur le grand complot des reptiliens de saturne sur la Terre en prenant possession de Pompidou ressuscité. Avec la musique de requiem for a dream et les preuves irréfutables de l’existence des OVNIS.
Et voilà ! Vous venez de le rediriger dans le plus grand des calmes vers une autre croyance qui aura pour seul effet de le conduire à l’asile le plus proche.
Soyez sûr que votre Djihadiste potentiel tentera de voyager à travers l’espace pour rejoindre Hitler et Michael Jackson sur la face cachée de la lune.

Schéma 3 : Débrouillez vous pour remplacer les infidèles par des dinosaures dans l'esprit de votre islamiste. Et le tour est joué.
Schéma 3 : Débrouillez vous pour remplacer les infidèles par des dinosaures dans l’esprit de votre islamiste. Et le tour est joué.

3/ Fausse carte

Si votre pote radicalisé fait le vœu de partir en Syrie pour rejoindre les autres Allah-boys, mettez la main sur la première mappemonde disponible puis modifiez les noms de chaque pays, et donnez-lui. Puis souhaitez-lui bonne chance lorsqu’il partira faire son jihad en Estonie ou au Groenland en Djellaba/T-shirt/sandalettes.

4/Objectif contrôlé

Si vous avez échoué lors de l’étape 2 et 3, il ne vous reste qu’une seule issue possible.
Votre islamiste de compagnie s’est procuré des explosifs et est déterminé à faire main basse sur ses 72 biatchs…
Repérez un immeuble en ruine qui doit être démoli sous peu et orientez votre islamiste vers lui. Cachez-y du saucisson afin d’y faire régner une ambiance « malsaine » propice au Sheitan.
Puis tenez vos distances et ouvrez les chips et la 1664 devant le magnifique écroulement qui fera économiser votre ville de longues heures de démolition.

Et voilà, si vous suivez attentivement ces conseils, vous serez susceptible de faire partie de ces héros anonymes qui empêcheront de futurs attentats.

Et n’oubliez pas, contre eux :

« Soyez rusés comme des serpents et purs comme des colombes » (Mt 10,22)

RÉUSSIR SA SOIRÉE D’HALLOWEEN

Chaque année c’est la même rengaine.
Après tout, nous vivons dans un monde fait de rites et de répétitions…
Mais je dois vous avouer une chose : si les fêtes possédaient des grades comme à l’armée, la fête d’Halloween aurait le titre officiel de sous-soldat récurant les chiottes à plein temps.
Notre traditionnelle Samain, fête païenne honorant l’entrée dans la saison sombre s’est vu transformée au fil des temps en joyeuse gaudriole où la bonne humeur, la joie, les bonbons et autres caractéristiques d’enculés tenaient une place de roi comme les métastases en centre de cancérologie.
Malheureusement, la fête la plus badass du monde, censée mettre en scène d’interminables processions funestes où les torches enflammées embraseraient un crépuscule nuageux – les hordes de vivants se ruant dans les cimetières pour communier avec les défunts et s’emplir de la mélancolie sombre de cet instant particulier… est morte.
Vous encourez le risque de voir les rues de votre ville envahies de gosses enroulés de tenues en plastique chinois (seul point positif d’ailleurs, avec un peu de chance, leurs masques de merde leur filerons un cancer des poumons – merci qui ? Merci bisphénol A !).
Ces chiards, pas terrifiés le moins du monde, emmerderons toute forme de vie dans le but d’absorber leur dose de sucre et enrichir le Professeur Goldman, orthodontiste de son état, qui viendra rafler la thune de leur parents pour rendre à leur dents cariés leur état d’origine.
En outre, des ados et de jeunes adultes s’adonnent à des teufs à thème – ne vous inquiétez pas si votre regard croise celui – lubrique et vicelard – d’une sorcière salope ou d’un hipster-momie enturbanné de PQ. Frankenstein a de l’acné et Michael Myers passe plus de temps sur son smartphone qu’à égorger son prochain.
Quand à Hannibal Lecter, il gerbe ses premiers shooters au lieu de déguster les joues de sa voisine avec des fèves au beurre et un excellent Chianti.
Vous voyez où je veux en venir ?
L’enfer sur Terre ressemble plus à la boom des 11 ans de Killian qu’à l’Apocalypse…

Alors devant ce massacre prémédité, vous rentrerez vous barricader et pleurer toute les larmes de votre corps devant un DVD muet de Nosferatu – lavant votre esprit choqué à coup d’absinthe.
Ceci dit, vous pouvez aussi regarder Sexy Dance 4 avec un diabolo-fraise et des Chipsters, ça reviendra au même.
Vous avez perdu la faculté de profiter de l’instant présent !
Vous ne savez pas comment réussir une bonne soirée d’Halloween qui, normalement, serait un calvaire pour tout le monde – en particulier pour le SAMU.
Chers Lecter, pardon lecteurs, suivez à la lettre les trois étapes pour une soirée réussie qui viendra redorer le blason terni de notre bonne vieille Toussaint.

1/ Le costume sur mesure
Évidemment, à chaque cérémonie particulière son écrin particulier.
Votre tenue doit être LA BASE ! Dégueulasse à souhait, elle doit sortir tout droit d’un snuff-movie (et pas d’un épisode des Teletubbies).
Fuyez les grandes surfaces qui ont acquis un savoir-faire hors-normes pour refiler des déguisements absolument ridicule (au moins 8/10 sur l’échelle des Bee Gees).

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Schéma 1 : Sérieusement ?

Vous pensez avoir l’air de quoi en enfilant une tenue qui mélangerait Chewbacca et une luciole ? Le seul sentiment que vous provoquerez sera proche du « range ta chambre au lieu de faire le pitre ».
De plus, si vous tombez nez à nez avec une bande de skinheads éméchés ou un banc de racailles à la recherche « d’une pe-clo à dépanner », vous risquez de vous faire péter la gueule, stigmatisée par votre accoutrement de fils de pute.
La solution est sans appel !
Tenue de Manuel-Garcia (le garagiste transpirant), peau de sanglier percuté sur la route quelques jours auparavant, robe en dentelle récupérée au fond d’une tombe… bref, trouvez-moi une tenue qui a du vécu ! Ça doit sentir le caveau pas frais et la pisse de rat. Vous devez avoir des haut-le-cœur en l’enfilant !
Ensuite, masquez votre visage. Pas besoin de « tuto make-up » et autres enculeries, de la cendre et de la suie feront l’affaire…
Ou bien confectionnez-vous un masque. Pour cela, rien de plus facile ! Vous aurez besoin d’un clip de Behemoth (death metal), d’un feutre, d’un cutter, d’une agrafeuse et d’un bon élastique.
1/Rendez-vous dans la maison de retraite la plus proche et choisissez votre vieux préféré. Une fois que vous avez flashé sur votre coup de cœur, emmenez-le dans sa chambre et montrez-lui le clip.
2/Une fois mort (la crise cardiaque est assez rapide en général), tracez une démarcation sur son visage et entourez la bouche et les yeux. Il ne vous reste plus qu’à découper votre masque comme sur un paquet de Frosties puis y attacher l’élastique !
Vous voilà frais comme Leatherface et paré de la tenue la plus chic de tous les temps.
Conseil : Gardez le sang du vieux sacrifié en réserve ou aspergez-vous en pour un réalisme poussé au maximum.

2/ Opération Tachycardie
Désormais, vos enculés de concitoyens devront se rentrer dans le crâne que ce 31 octobre est tout sauf cool. Vous allez devoir leur foutre les jetons au-delà de ce qui est imaginable.
Plusieurs solutions s’offrent alors à vous, au nombre de trois :

– Plan A, Toussaint old school.
La fête des morts originelle retrouve tout son sens ! Pillez le cimetière de ses cadavres (prenez des frais et des moins frais ; pas de discrimination ! Guidez-vous avec les dates inscrites sur les stèles. Il doit y avoir de tout, du ‘89, du 2005, du 2014…). L’opération est un peu délicate et demandera une pelle solide et un bon Pick-up. Ceci fait, repérez une teuf ou une boîte « soirée Halloween » et foncez dedans avec votre véhicule – à l’instar d’un kamikaze à Pearl Harbor.
Votre entrée choc va déjà distiller de l’angoisse et de la panique qui atteindra son paroxysme lorsque vous distribuerez autour de vous les cadavres comme les cartes au poker. Vous sentirez une certaine émotion lorsque vous verrez les vivants et les morts unis le temps d’une soirée endiablée !
Laissez-faire la magie et comptez votre score (hurlement = 10, évanouissement = 30, vomissement = 30, fuite en courant = 30, attaque cardiaque = 50, pleurs = 20, et enfin le Strike, mort = 100).

Schéma 2 : Jeune nettoyant un macchabée fraichement déterrer avant de partir pour le Macumba Club.
Schéma 2 : Jeune nettoyant un macchabée fraîchement déterré avant de partir pour le Macumba Club.

– Plan B, Psychopathe en sortie avec son crew.
Munissez-vous d’une barre à mine (encore) et rendez-vous dans le premier hôpital psy du coin. Tel le joueur de flute de Hamelin, entrainez les schizo’ et autres types menaçant dans votre sillage. Explosez toute résistance comme les cadenas, les portes, ou les infirmières « vous faites quoi là avec les patients ?  » etc…
Une fois votre équipe au complet, guidez-les vers la lumière (le centre-ville). Puis revêtez votre habit de soirée et errez dans les rues en hurlant. Double efficacité : vos cris permettent de chauffer les fous qui vous suivent et mettent l’ambiance dans la street.
Le but est – une fois votre équipe sur les nerfs – de les guider vers votre objectif final. Utilisez l’une de ces phrases spéciales pour déclencher le départ :
* Wow ! C’est pas le médecin qui vous a fait enfermer le type là-bas déguisé en magicien ?
* Vous voyez les trois gosses sur le banc ? On va jouer à un jeu, essayez de bien les cacher !
* Tiens Jean-Philippe, cache cette lame de rasoir dans cette pomme d’amour et va l’offrir.
* Le premier qui enflamme la ville ira au paradis, les autres retourneront à l’hoso et serons mis en contention.
* Dispersez-vous et récupérez le plus d’oreilles possible ! Top départ !

Une fois vos amis occupés à ruiner la soirée des autres, vous pouvez vous détendre et imaginer ce que le journal titrera le lendemain. Dans le plus grand des calmes.

– Plan C, Racket de glucose.
Si toutefois vous êtes plutôt new-school, vous pouvez vous risquer à ce jeu débile qui consiste à aller frapper aux portes en menaçant les voisins « un bonbon ou un sort ».
En l’occurrence, il y aura les deux.
Oubliez les bonbons. Trouvez mieux. Forcez les gens à courir sur les genoux en chantant en thaïlandais. Demandez-leur de la bouffe ou leur écran LCD. Cassez-leur les couilles au maximum.
S’ils refusent, prévoyez d’avoir un stock de seringues sale à utiliser sur eux.
« – Désolé, on ne fête pas Halloween, ce truc américain… Bonne soirée, au revoir…
– Ah bon, vous ne fêtez pas cette délicieuse soirée ? Hé bien goûtez au moins à ce virus exquis qui vous fera probablement changer d’avis ! ».
[Coup de seringue dans le gras]
Annoncez-leur ensuite qu’ils viennent de rejoindre la communauté de l’hépatite, variole, malaria ou scorbut. Peu coûteux et efficace pour effrayer les gens, la seringue sale sera votre compagnon de route lors de vos pérégrinations de perron en perron. Ce type de soirée est idéal pour séduire la demoiselle ou l’homme de votre cœur. Vos fous rires successifs face aux crevards malchanceux seront le ciment d’une relation heureuse et durable. A ses yeux, vous serez la personne classe et originale, capable de lui faire oublier un quotidien chiant.

3/ Après l’effort, le réconfort.
Vous voilà revenu chez vous après une sortie forte en émotions ! Vous avez bien profité de ce moment pour invoquer la magie de Samain et revaloriser la terreur locale. Bravo !
Désormais, la soirée continue ailleurs. Contactez tous les clochards, les fous, les gitans en perdition, les gothiques et autres parias dans un lieu particulier (église, cave ou cimetière) puis laissez-les se battre entre eux, bercés par la Dark-wave balancée par votre chaine hi-fi. Pas besoin de déguisement, le spectacle est suffisamment effrayant en lui-même. Dansez et kiffez votre soirée, sans oublier les habituelles drogues tels que la MDMA, la meth’ sans oublier l’héro, indispensables pour s’amuser.
Si par malheurs, des gosses suicidaires auraient eu l’audace de venir vous faire chier avec leurs bonbons, repoussez les à l’aide d’une bonne carabine et de la célèbre punchline « Dégage ou je te tue » (encore très efficace). Si ils ne se barrent pas, c’est qu’ils souhaitent réellement mourir, en ce cas, abrégez leurs souffrances, inutile d’épiloguer trois heures sur les nabots tétanisés. Si vous vous sentez d’humeur chrétienne, offrez leur des cachets d’ecstasy en guise de sucreries, ils n’y verront que du feu.
Précautions à prendre !
Attention, menacer des gens et filer des heures supp’ aux pompiers nécessite quelques précautions afin de vous éviter d’avoir à dessiner des têtes de citrouilles sur les murs de votre cellule.

– Les flics ne seront pas vos amis le temps de la soirée. Si vous en voyez un, sortez l’arme fatale : un de vos amis déguisé en gitan (sorte de monstre humanoïde au teint cireux). Pris de panique, le flic ira se réfugier à plusieurs kilomètres de là, trop terrifié pour intervenir.

Schéma 3 : Le masque de gitan-hipster est une nouveauté intéressante. Effrayante et dégueu à souhait, elle peut également tenir le commissariat de police à distance.
Schéma 3 : Le masque de gitan-islamiste est une nouveauté intéressante. Effrayante et dégueu à souhait, elle peut également tenir le commissariat de police à distance.

– Prévoyez un anorak en cas de pluie.

– Prévoyez de la menthe forte et du Febreze pour ne pas vomir lorsque vous déterrerez vos cadavres chéris.

Vous voilà paré pour une fête d’Halloween inoubliable ! Je vous félicite vivement !
Grâce à vous, cette fête corrompue va pouvoir retrouver ses lettres de noblesse.

DEVENEZ COACH DE MIGRANTS

Vous êtes au chômage ?
Vous trainez vos pompes dans une FAC quelconque ?
Pire encore, vous êtes encore lycéen et craignez pour votre avenir ?
En toute franchise, vous avez raison !
Repensez à votre clochard favori, celui dont le visage semblait être la parfaite fusion entre une boule de pâte à sel et un tas de confiture de fraise…
Hé bien mes chers lecteurs, apprêtez-vous d’ores et déjà à le remplacer en CDI lorsqu’un hiver un peu trop rude aura débarrassé le trottoir de sa présence odorante.

Vous avez envie de chialer maintenant ?

Heureusement, il n’est pas trop tard ! Votre avenir de déchet peut être évité si vous décidez de prendre votre avenir en main et embrasser une carrière moderne et résolument tourné vers l’avenir !
Fini les tafs ringards de prof, plombier, traducteur, éducateur, infirmière, notaire ou dentiste (de toute façon vous être probablement trop con pour ça). C’est de l’histoire ancienne.
Formez-vous dès aujourd’hui à un métier d’avenir qui fera de vous un individu comblé (de fric, puisque pour l’amour propre, on repassera) : COACH DE MIGRANTS.

– Métaphore de toute beauté : Si l’Europe était une femme, molle et obèse, elle serait en ce moment au beau milieu d’un gangbang interracial. Des denrées spécifiquement françaises comme Francis Lalanne ou l’accès instantané à Jacquie&Michel nous sont enviés par le monde entier et conduisent des pays entier à déserter leur bled chéri pour venir bâtir sur nos terrains vagues un New-Damas en carton.
Et quel est le résultat ?
La plupart d’entre eux finissent dans le bide des requins  au lieu de faire la queue au Pôle-Emploi. D’autres pourrissent sans pression sur les plages au beau milieu des châteaux de sable, pouvant cause des traumatismes irrécupérables chez les mômes en vacance.
Pire encore, les gens sont gênés par leur présence ! Les mamies du coin tirent la gueule comme lors de la première colique de leur chihuahua.
Pourquoi donc ?
Tout simplement parce que nos chers déserteurs n’ont reçu aucune formation pour la survie ! Quel patron ira embaucher un édenté trempé et recouvert des coquillages du matin ? Non, sérieusement, ça ne fait pas professionnel, putain ! Il y aurait des réticences, voir un « délit de faciès », surtout lorsque le faciès en question est une grossière réplique de Bill Le Bottier de Pirates des caraïbes…
Comment vous y prendre pour changer tout ça ?
Afin de devenir un coach accompli et reconnu, suivez attentivement mes 5 conseils pour former vos envahisseurs chéris et en faire de parfaits citoyens, vivants, et apte à bosser 23 heures par jour non-stop.

1/ La natation, c’est vraiment trop bon !
Vos migrants de compagnie ont l’habitude de voyager sur des canots pneumatiques dégueulasses, se guidant au feeling (sans même avoir la boussole de Ragnar Lothbrok !). Il est donc fréquent qu’un accident (coup de fourchette, clope mal éteinte…) fasse exploser leur yacht discount et les expédie directement dans la gueule de squales daleux.
La solution : De bons cours de natation ! Bon sang, on ne prends pas la mer si l’on nage comme un paraplégique. Commencez doucement avec vos jeunes recrues : aquagym, petit bassin, brasse dans un lac pas trop contaminé… tout est bon à prendre ! Une fois les bases acquises, prévoyez tout de même une bouée de secours au cas où… la Méditerranée est un poil plus étendue que la piscine du coin. Si vous avez les fonds disponible, sortez le grand jeu et distribuez des scaphandres pour les plus récalcitrant à la baignade. Survie assurée !

Schéma 1 : Souvenez-vous : savoir nager, c'est arriver sans danger !
Schéma 1 : Souvenez-vous : savoir nager, c’est arriver sans danger !

2/ Le saut d’obstacles
Regardez ces foules d’adorables fuyards qui, après avoir bravé la colère de Poséidon, ne parviennent pas à franchir un muret de 4 mètres et restent derrière contraint à crever parmi les ronces et les herbes hautes… Non vraiment, quelle manque d’élégance ! Échouer si près du but, ça doit donner envie de s’ouvrir les veines…
La solution : Vous vous souvenez d’Inspecteur Gadget ? Ce dessin animé où un mec taré (bon, il était dans la police, c’est une circonstance atténuante) se tirait des péripéties les plus folles en invoquant une myriade de gadgets incorporés à son corps – à la manière d’un Terminator français. Rappelez-vous, il avait des ressorts sous ses godasses pour franchir toute sorte d’obstacles !
C’est extrêmement simple ! Filez à vos migrants des paires de chaussure à ressort (trouvable chez Adidas pour le prix dérisoire de 400 balles) et équipez-les de ces accessoires.

Si toutefois cela vous semble trop cher, pensez à la bonne vieille perche ! Noble, sportif et classe, le saut à la perche est l’ennemi absolu des frontières hongroises ! Ayez à l’esprit que vos migrants doivent rentrer les fesses lors du saut afin qu’ils ne restent pas accrochés aux barbelés. Un casque peut être le bienvenu afin qu’ils évitent de faire une entrée fracassante sur le sol européen (évitez d’étaler votre cerveau en arrivant chez nous, je vous en conjure).

Schéma 2 : Migrant faisant fi de l'autorité hongroise
Schéma 2 : Migrant faisant fi de l’autorité hongroise

3/ L’origami sera toujours ton ami
Bon, une fois vos ouailles au sec et derrière les frontières, il leur faudra un endroit où dormir.
Oubliez l’hôtel 5 étoiles ou le palace prestigieux, vos migrants vont devoir construire leur propre piaule, afin de se protéger des dangers extérieurs (pluie, froid, loups, ouassist en liberté, ondes fécales de Kev Adams…).
La seule et unique matière première dispo sera le carton.
Et ça tombe bien pour vous ! Faites péter l’origami. L’art du pliage n’aura plus aucun secret pour vos recrues !
Libre à eux de laisser aller leur imagination et recréer un Disneyland de carton, un Taj Mahal de carton ou un Palmyre II de carton…
Initiez-les à Minecraft afin qu’ils ne se brident pas à construire des tas dégueulasses qui ne feraient fantasmer personne, pas même un clochard local.
Imaginez la fierté que votre #TeamMigrants ressentira lorsqu’une fois le bidonville achevé, des centaines de touristes débarqueront de toute la France pour visiter ce chef-d’œuvre architectural ! Peut-être même que les plus fans loueront même une chambre dans ces temples cartonnés afin de passer une soirée inoubliable en solo ou en couple !
Pour se distraire durant les longues soirées, quoi de mieux qu’un atelier contes relatant les bons vieux souvenirs de derrière les fagots (« Ma première rencontre avec Daesh », «Europe dans ma tête Vs Europe réelle » etc…).

4/ Nouveau look pour une nouvelle vie
Bon, vous avez réussi la première partie de votre job si vous en êtes arrivé jusqu’à là.
Maintenant, accrochez-vous, nous allons passer en phase 2.
Vous devez être totalement conscient que l’aspect physique de vos migrants d’amour est aussi attractif qu’une partie de sexe avec un vieux lépreux sidaïque.
Sapes overseize, couleurs immondes mal assorties, boubou démodé, dentition aussi défoncée qu’une départementale d’Auvergne… tout est à changer !
Entrez dans la peau de Christina Cordula et modernisez tout ça !
Jeans skinny, lunettes cul-de-bouteille pour le côté hipster, coupe vintage, robes moulantes ou burqa Louis Vuitton… ne vous refusez rien ! Ajoutez une touche de douceur féminine qui correspondra parfaitement avec la personnalité de vos chez déserteurs adorés. Prévoyez aussi une bonne eau de toilette qui viendra masquer l’odeur d’iode et de sueur piquante, pas trop fun pour le futur employeur.
– L’objectif final est de réussir à passer le test de la Fashion-Week. Si vos migrants relookés passent inaperçus, vous pouvez considérer que le test a été passé avec brio.
Sinon, il va falloir reprendre les fondamentaux.

5/La distribution

Vous voilà près du but !
Vous avez, à force de patience et d’effort, réussi à changer de dégueulasses fuyards en dandys sportifs et street-crédible.
La dernière étape, comme à la fin d’une chaîne de montage, est la distribution.
Nous savons tous que les Français aiment les fêtes de fin d’année et les cadeaux mais pas les réfugiés – ayez l’audace de les réfugier directement chez eux !
Comment faire ? me direz-vous, pris de panique.
Aucun souci ! Empaquetez vos migrants prêts à l’emploi avec votre plus beau papier cadeau ; faites bosser les gosses si vous avez la flemme de le faire vous-même, ils sont là pour ça.
Ceci fait, entreposez-les dans un transporteur Fedex puis patientez jusqu’à Noël en veillant à bien conserver vos migrants au frais afin que leur chair conserve toute sa fraicheur originale.
Une fois le 24 décembre arrivé, déguisez-vous en père Noël – certes vous allez avoir l’air juste ridicule mais c’est tristement nécessaire.
Puis enfoncez-vous dans une campagne reculée et distribuez les migrants emballés chez les gens, un peu à la manouch’ way of life avec leur putains de paniers en osier.
Votre apparence d’abruti ainsi que le généreux présent permettra de désactiver leur méfiance naturelle.
Si ils refusent votre cadeau (on ne sait jamais), prévoyez une barre à mine pour forcer la porte des contrevenants et balancez-leur le migrant directement sous le sapin. (S’ils vous le renvoie, vous avez certainement affaire à des racistes. Enflammez leur baraque et laissez brûler toute leur famille).

Lorsqu’ils déballeront leur migrant de luxe le 25 au matin, ils craqueront instantanément face à ces frimousses de rescapés et ne pourront plus s’en passer !

Mieux qu’un Vanity ou une PS4 ! Portatif, amphibie et multi-langage, le migrant deviendra la nouvelle tendance de l’hiver 2015 ! Décliné en plusieurs versions : « Bon baisers de Syrie » ou « La chaleur Érythréenne », il y en aura pour tous les goûts ! Petits et grand seront fasciné par cet attachant humain de compagnie, pouvant raconter inlassablement comment il a laissé une famille reloue et ennuyeuse sur place au bled pour venir combler de joie une famille occidentale en manque d’amour.

Une fois la population accro au produit, vendez-les. De plus en plus cher. Regardez les montagnes de fric arriver à vous, vous emmener jusqu’au Bahamas ou Hawaï, sapé avec un trois pièce Hugo Boss sur mesure !
Avant on appelait ça de l’esclavage, mais ça c’était avant.
Maintenant, ça vous permettra de croûter au chaud sans finir le mois avec 2 euros.

Ne me remerciez pas, ça vient du cœur !

ACHETEZ UN BARBU TATOUÉ

Mes chers clients,
Toute nos excuses pour notre longue absence injustifiée mais nos usines étaient en restructuration. Des modèles d’êtres humains jusqu’alors très prisés de notre clientèle ne se vendent plus (le bourge, le dépressif et le môme infect). Nous avons dû concentrer toute notre énergie afin d’innover et de vous offrir le meilleur de nous-même. Mesdames, messieurs et surtout mesdemoiselles ; après des mois de brain-storming, nous avons enfin un produit qui vous comblera : le barbu tatoué.

Fini l’ennui sans fond et le manque de reconnaissance ! Pratique, portatif et soyeux, il ne vous quittera plus !
Cette créature rétro-chic, élaborée sur les bases du hipster vieillissant, lui-même élaboré sur le modèle de l’australopithèque tendance, vous apportera tout ce que vous recherchez et même ce que vous ne recherchez pas !
Carlingue intégralement encrée, coupe de cheveux structurée réalisée en 74 heures et 3 litres de gel fixant, poils faciaux « extrem’ Père Fouras style »… la classe anachronique est désormais à votre portée !

Disponible en plusieurs coloris et longueurs de poils, vous aurez un choix incroyable de possibilités entre le déjà culte « pétasse barbu à chignon », en passant par le « musulman coquet » et le génialissime « viking british ».
Choisissez votre taille favorite : leucémique, bûcheron ou rhinocéros musclé et votre couleur d’yeux (canard WC, ténèbres ou soupe au cresson) dès MAINTENANT !

Le modèle favori du moment
Le modèle favori du moment

D’une modernité absolue, votre barbu tatoué vous sera livré en kit à monter soi-même ; comprenant un appareil photo de survie, des huiles essentielles pour poils de survie et un dermographe de survie.

En effet, bien qu’ayant une apparence proche du viking, votre barbu tatoué n’en est pas moins sensible et aura le besoin irrépressible de se prendre en photo en arborant son expression faciale fétiche : le CV (cunnilingus vénère). Pour se faire, votre barbu tatoué vous lance un regard noir et perçant capable de faire fondre les matières plastiques à proximité (veuillez aussi éloigner les enfants) et entrouvre sa bouche à la manière d’une truite à l’agonie.
Notez que deux autres expressions sont disponible avec ce modèle : le BC (bébé choqué) et l’ELS (extrême levée de sourcil).

Dans les premiers temps après l’acquisition, il est conseillé de ne pas trop brider la créativité de votre produit. Ce dernier peut avoir l’envie fréquente de poser à poil dans votre appartement – ou votre jardin – à la vue en tous avec une clope aux lèvres, un flingue en plastique contre la tempe avec un bébé chat sur l’épaule (par exemple).
Attention, ces clichés ne sont pas une provocation !
Ils sont l’expression du talent égocentrique artistique de votre barbu tatoué. Ce dernier collectionne les regards comme un orphelin collectionne les familles d’accueil. Il est absolument nécessaire d’observer votre barbu tatoué au moins 4 heures par jour sans quoi il finirait par se sentir « ordinaire » et finirait par se dessécher et mourir. Votre produit doit impérativement dévoiler son art corporel à tout moment afin de remplir sa jauge de « nirvana d’enculé ».

Si vous devez vous absenter durablement, prévoyez de passer en boucle le fichier MP3 fourni avec votre barbu de compagnie intitulé «femme en extase devant une overdose de beauté ». Rien d’autre n’est nécessaire, ce qui en fait un produit extrêmement pratique au quotidien.

Drôle, silencieux et divertissant, il est LE mec dont VOUS avez toujours eu besoin !
Muni de nombreux modes, la star de cet automne n’a pas fini de vous faire rêver !

MODE PHOTOS : Fini les longs week-ends ennuyeux et morbides : devenez le photographe personnel de votre barbu tatoué. Suivez-le partout : entrepôts désaffectés, égouts, forêt, hospice… et amusez-vous à le prendre en photo à chaque instant de votre vie. Devez enfin le larbin comblé que vous aviez toujours rêvé d’être !

MODE NOURRICE : Idéal pour les enfants, le barbu tatoué remplacera une baby-sitter abrutie et incompétente sans le moindre problème. Pour lui, les enfants ne sont pas des nains vicieux et chiants comme beaucoup les perçoivent… pour lui vos enfants sont – à l’instar des bébés chats – des catalyseurs de likes sur Facebook/Tumblr/Instagram. Il inclura à merveille vos tendres chérubins à son narcissisme délirant pour des photos du plus bel effet : « mec tatoué et renfrogné jouant au petit train avec un enfant », « mec tatoué en slip Armani portant une petite fille à bout de bras », ou bien le célèbre combo : «barbu souriant en jouant aux dominos avec un petit garçon et un chat ».

MODE VOYAGE : Idéal pour les sorties, votre barbu tatoué vous fera découvrir le monde. Contrairement au hipster de luxe qui ne se rendait que dans des endroits déserts loin de toute civilisation, votre barbu ne se déplace que de capitales en capitales. Préparez-vous à visiter tous les Starbucks de Berlin, Londres, Madrid, Bangkok, Copenhague ou Ottawa.

MODE TATTOO : Votre barbu tatoué doit être emmené régulièrement chez le tatoueur comme un chrétien à la messe afin d’être convenablement rechargé en encre.

MODE DÉFILÉ : Impressionnez vos potes lors de vos soirées en activant ce mode. Votre barbu tatoué défilera dans votre salon, uniquement vêtu d’une taie d’oreiller et de sandales tout en gardant un air agressif. Après quoi, votre barbu de luxe se figera et jouera le rôle de la statue grecque pour le reste de la soirée. D’une efficacité incomparable pour tenir les gobelets et porter les vestes.
Il est très recommandé d’être citadin pour garantir la qualité optimale de notre barbu de luxe, il serait dangereux de mettre ce produit au contact d’une campagne. Imaginez une seconde votre barbu tatoué perdu au milieu d’un village de 25 habitants… Imaginez ce visage déprimé de chien battu, privé de 4G, sans personne pour l’admirer… Imaginez-le en train de tomber sur un paysan rustre qui lui dit sèchement « Tiens mon gars, au lieu d’faire ta majorette, tu va m’flier un cht’i coup d’main pour creuser c’putain d’trou à merde ».
Vous pouvez dire adieu à votre remboursement, ce genre de dégradations psychologiques n’étant pas comprise dans l’assurance.

De plus, quelques précautions sont de mises après l’acquisition de votre barbu tatoué de luxe :
* Le barbu tatoué n’a pas été conçu pour cohabiter avec le djihadiste de compagnie, incompatible avec sa charia de luxe. Le djihadiste de compagnie finirait par se rendre compte qu’il s’agirait – malgré la barbe – d’un « chien d’infidèle » et occasionnerais une décapitation définitive à votre produit.
* Veuillez éviter d’habiller votre produit avec certains vêtements. Ne croyez pas lui faire plaisir en lui disant « j’ai trouvé des tas de joggings Sergio Tacchini en promo à Carrefour, c’est pile ta taille ». C’est non.
* Incapable de se reproduire, votre barbu de luxe a une sexualité « récréative » (oui ça vient de récréation – ce moment de jeu entre deux périodes pénibles). De la sorte, votre barbu de luxe peut basculer en mode sex toy et pimenter votre récré perso !
* Si vous voulez conserver la virilité à toute épreuve de votre beau barbu, il est conseillé d’acheter le « kit virilité » composé de crème anti-rides, lotion pour barbe et cheveux, anti-cernes, fluor pour les dents et pince à épiler. Sans quoi, le syndrome du clochard pourrait survenir : votre produit se laisserait aller et finirait malheureusement par ressembler à un SDF qui se serait échoué sur votre pallier.

La vertion
La vertion « old school » reste un classique efficace et abordable pour toute les bourses. Il offre une qualité longue durée si les soins ont été régulièrement appliqués.

* N’essayez pas d’avoir une conversation « philosophique » avec votre barbu tatoué. Ce dernier, emmerdé par votre charabia, pourrait surchauffer et fuguer (dans la capitale la plus proche) et ne jamais revenir. Si vous le voyez ouvrir un livre, ne paniquez pas, il prend juste la pose afin de faire une photo de type « intellectuel barbu renfrogné lisant Jean-Paul Sartre en levant un sourcil ».
* NE RASEZ JAMAIS VOTRE BARBU (déconne entre pote, test, belle-mère anti-poils etc…) sous peine d’entamer une régression irréversible. Revenu au stade du miroir, votre produit sera incapable de se reconnaitre sur les photos et finira par se suicider en avalant une poignée de lames de rasoir – ce qui serait assez regrettable.

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TRIBAL KING : AVATAR D’UNE MODERNITÉ TRIOMPHANTE OU RÉSURGENCE D’ARCHÉTYPES TRADITIONNELS ?

Un peu de philo ne nous a jamais fait de mal.
Un peu de rétro non plus d’ailleurs.
Si vous le voulez bien, mes chers camarades, nous allons replonger en 2006.

En revoyant au hasard des aléas d’internet cette beauté audiovisuelle que constitue le clip « Façon sex » de Tribal King, une question a surgi dans mon esprit :
Tribal King : avatar d’une modernité triomphante ou résurgence d’archétypes traditionnels ?

« Entre l’esprit religieux, au vrai sens du terme, et l’esprit moderne, il ne peut y avoir qu’antagonisme » nous apprenais René Guénon dans l’un de ses ouvrages qu’est Orient et Occident.
En ces termes, il nous est imposé, face à certains artistes actuels ou certain courant de pensée – de par leur côté provocateur – de trancher sur leur hérédité culturelle.
En visionnant ce monument de culture occidentale qu’est l’union métaphysique entre David et Nony appelé sobrement « Tribal King », nous pouvons légitimement nous interroger sur l’origine du clip « Façon Sex ». Né en 2006, ce groupe ne cesse d’interroger les penseurs de par son inimitable singularité.
Composition maîtrisée, paroles clamées avec vigueur, besoin de ressentir une « chaleur qui s’installe » – tout a été mis en scène pour rendre le spectateur perplexe.
Sommes-nous en face d’un énième produit d’une société moderne décadente ou en face d’une résurgence de la Tradition chère à René Guénon ?
Analysons le nom puis le titre.
Tribal renvoie au tribalisme : La tribu. D’un point de vue historique, une tribu consiste en une formation sociale existant avant la formation de l’État. Certaines personnes utilisent ce terme pour faire référence à des peuples ayant des modes de vie non occidentaux ou des sociétés indigènes (cf Emile Durkheim).
King, quant à lui, renvoie à la notion de roi, de monarchie. Rappelons que l’ancien régime, véritable point d’ancrage culturel de notre société traditionnelle, était dirigé par un monarque.
« Facon Sex » évoque une sexualité récréative, la faute d’orthographe volontaire à sexe indique au spectateur que le groupe a décidé de prendre l’orthographe française en doggystyle.
Malgré de nom du groupe, résurgence passéiste, le clip propulse le spectateur dans un loisir, comme Hannah Arendt le disait : « La société de masse ne veut pas la culture mais les loisirs ».
Le début du clip ne comporte aucune parole, mais des reniflements canins, référence évidente à l’évolution. Les origines simiesques de l’homme sont donc matérialisées auditivement.
L’image est rapide, furtive et présente des gentes chromées tournant sur elles-mêmes. L’antagonisme est subtil : l’image technicienne et archétypale de la révolution industrielle (le véhicule motorisé individuel) est couplée à des vocaux de clebs en chaleur.
Des femmes autour d’une piscine, attendent. Deux hommes (d’une virilité à toute épreuve) les rejoignent : métaphysique de l’élection, symbolisée par les tout premiers mots chuchotés : « Tribal King ».
Tribal ou King ?

Étudions d’abord les paroles afin d’appréhender le message :
« Ma mission faire bouger sans tabou Sans pression ni relâche jusqu’au bout,
vous partagez ma passion, cela vous donne des raisons » :
« Rien de grand ne s’est accompli dans le monde sans passion » comme le disait Hegel dans Introduction à la philosophie.
Introduction messianique (« ma mission ») d’une volonté de puissance nietzschéenne (avec le côté iconoclaste du « sans tabous »), David va tenter de nous convaincre que la danse et le « sex » vont nous libérer. La danse restera la métaphore favorite du groupe où le mouvement répétitif prends à contre-pieds les théories du mouvement aliénant des  Temps modernes de Chaplin. Ici, il est question d’émancipation par le boule.
« D’innover l’maximum sur cette piste,
Allons jusqu’au summum, oui j’insiste,
effaçons toutes les tensions, ce soir, c’est dance hall à fond». Le principe de séduction est symbolisé par la femme, telle une vestale, pouvant potentiellement apporter la délivrance à ces hommes prisonniers de leur incomplétude.
« Allons jusqu’au summum… oui j’insiste» représente l’esprit prométhéen de l’homme, travaillant sans relâche à sa propre aliénation. David propose une subtile mise en abyme, se parodiant en homme moderne, interrogeant cyniquement sa propre créativité (représenté comme une immanence par la femme). Jusqu’où ira-t-on ? Y a-t-il une limite humaine au progrès ?

La suite est limpide :
« Quand j’prends le mic, j’m’enflamme,
J’vous sens bien hot mesdames,
c’est ça que j’veux, j’veux mettre le feu ».
Le feu, symbole masculin y est ici utilisé comme signifiant de la passion débridée et du besoin de révolte contre l’autorité (allusion au feu de Bengale des manifestations, du feu de poubelle des révoltes, voir dans le cas de King ; des bûchers de sorcière du moyen-âge. Les femmes présentes viennent conforter cette pensée.
« J’sens la chaleur qui s’installe,
Certains talents se dévoilent,
(de mieux en mieux)
Oh non ! » : Les « talents » en question sont en réalité l’aspect technicien de l’homme qui (par sa maitrise de la matière) rentre dans une société de type ultramoderne. On abandonne la « solidarité mécanique » chère à Durkheim. A cela, le « Oh non ! » criant de Nony : expression d’un désespoir lucide devant le futur chaos.

L’apogée de l’œuvre, son « deus ex machina », est dans le refrain :
« J’veux qu’tout le monde bouge ses fesses,
Qu’les femmes oublient leurs complexes,
Façon sexe, oh ouais.
Oui maintenant faut qu’ça bouge,
Que tout le monde soit dans l’mouv’
Façon sexe, oh ouais. »
Véritable hymne de libération démocratique (« tout le monde »), le salut de l’homme – contrairement aux postulats de Pascal – ne repose pas sur Dieu mais sur le mouv’. Façon sexe introduit le message suivant : abandon de l’aliénation sus-dite pour une partie de plaisir partagé, renvoyant à la mère originelle. La danse tribale appelée « transe » est d’ailleurs un rite religieux africain. Oublier ses complexes revient à abandonner l’imperfection de l’enveloppe charnelle dans le mouvement, la communion humaine qui mènera l’Humain jusqu’à l’Eternel.
Il s’agit donc d’un retour vibrant du religieux et de l’espérance, sous le signe d’un paganisme tendance animiste.
Ni la piscine, ni les gentes tournante sans fin (incarnation de la laideur moderne) n’interviennent. Ils restent immobile, impuissants, « spectateurs » de la danse.
A 3 minutes 04, le saut dans la piscine renvoie au baptême chrétien et à la mort du « vieil homme ».

"J'veux Guénon bouge ses fesses !"
« J’veux  qu’Guénon bouge ses fesses ! »

Les hommes finissent entouré de femmes. L’image rappelle les harems antiques ou les élites de ces sociétés pouvaient – à l’instar des Jarls nordiques – s’approprier plusieurs demoiselles.
Une fois encore, nous avons affaire à une représentation d’une Tradition au sens Guénonien (en tant que soufi, il ne pouvait que valider l’idée des harems).
Le clip plonge le spectateur dans une profonde perplexité : S’inscrivant au cœur d’un occidentalisme ostentatoire (villa, référence à New York, utilisation de l’anglais, son électro…), il devient difficile alors de l’appréhender comme une résurgence d’archétype traditionnels malgré les efforts du groupe.
Comment penser cette mise en scène ?
A ce stade, je m’appuierais sur Lénine. « Le capitalisme vendra la corde qui servira à le pendre ».
En réalité, Tribal King utilise la même technique que le fascisme italien en son temps. A travers un syncrétisme entre futurisme et tradition, ils sont parvenus à retourner la modernité contre elle-même (cf Julius Evola). Je pourrais également faire un parallèle entre Tribal King et la vulgate bolchevique qui, bien qu’éloigné idéologiquement du fascisme, œuvre pour une fraternité humaine alors que l’homme est brisé par sa condition d’esclave dans une époque trop industrielle.
Tribal King situe son œuvre dans le berceau même du confort moderne (la villa ensoleillée), peuplé de femmes (incarnation d’un matérialisme passif qu’il « pénètrent » au sens freudien en entrant parmi elles dans la cour). En réalité, ce n’est qu’un prétexte.
Régression, attitude réactionnaire ou pratiques ataviques ?
La question reste ouverte mais je constate que King et Nony œuvrent pour une vaste communion humaine, le regain d’une fraternité perdue : « Bouge ton boul’ma babe sur ce son j’t’emmène ». L’envie de fuir, de quitter une époque oppressante y est très présente.
Façon sexe représente une ode au naturalisme. Un retour apaisé à un lien social fragilisé par les évolutions humaines.

En conclusion, je considérerais cette œuvre majeure de 2006 qu’est « Facon sex » – ontologie d’une libération – comme un signal d’alerte envoyé à l’homme moderne.
Tiraillé par l’appât de la luxure et du confort, broyé par un son électro qui renvoie à la pulsion primaire et abrutissante, il convient d’effectuer un retour, une prise de conscience, une « chaleur qui s’installe » pour citer Nony afin de ne pas perdre dans les méandres d’une société mécanisée et productiviste les fondamentaux : son humanité.